Factur-X, UBL, CII : les formats expliqués sans jargon
Première chose à comprendre : au sens de la réforme, un PDF classique n'est pas une facture électronique. Une facture électronique est un fichier structuré, c'est-à-dire lisible automatiquement par une machine — chaque montant, chaque taux de TVA, chaque SIREN est balisé dans le fichier, pas simplement affiché sur une image de page.
La réforme française admet trois formats, appelés le « socle » (tous conformes à la norme européenne EN 16931).
Factur-X : le format hybride, et le plus courant en France
Factur-X est un format franco-allemand malin : c'est un PDF/A-3 (un PDF d'archivage) qui contient, embarqué à l'intérieur, un fichier XML structuré avec toutes les données de la facture.
Résultat : le même fichier est lisible par un humain (vous ouvrez le PDF, il ressemble à une facture normale) et par une machine (le logiciel de votre client lit le XML). C'est le format que la plupart des plateformes destinées aux TPE et indépendants utiliseront par défaut. Si vous ne devez retenir qu'un nom, c'est celui-là.
UBL et CII : les formats 100 % structurés
UBL (Universal Business Language) et CII (Cross Industry Invoice) sont des formats purement XML : pas de partie visuelle, uniquement des données structurées. Ils sont surtout utilisés dans les échanges entre grandes entreprises et à l'international (UBL est notamment le format du réseau européen Peppol).
En pratique, en tant qu'indépendant ou TPE, vous n'aurez probablement jamais à manipuler un fichier UBL ou CII directement — votre plateforme s'en charge si un client le demande.
Ce que ça change pour vous, concrètement
Presque rien, et c'est le but. Vous continuerez à créer vos factures dans votre outil comme aujourd'hui : vous saisissez le client, les lignes, les montants. C'est votre Plateforme Agréée qui génère le fichier au bon format et le transmet.
Ce qui change en revanche :
- Vous ne pouvez plus fabriquer vos factures « à la main » sous Word ou Excel pour vos clients professionnels : un document bureautique ne contient pas de données structurées. Il faudra passer par un outil connecté à une plateforme agréée (beaucoup sont gratuits).
- Les données doivent être exactes : le SIREN de votre client, la nature des opérations, les nouvelles mentions obligatoires — puisque tout est lu par des machines, les approximations ne passent plus.
- L'envoi par email disparaît pour le B2B : la facture transite de plateforme à plateforme (voir notre article sur le PDF par email).
Faut-il choisir son format ?
Non. Toutes les plateformes agréées doivent au minimum gérer le socle des trois formats en réception. En émission, votre plateforme choisira le format adapté — généralement Factur-X pour les échanges franco-français. Certaines plateformes mettent en avant la prise en charge des trois formats en émission (utile si vous facturez de grands groupes ou à l'international) : c'est un critère de choix parmi d'autres, détaillés dans notre guide de sélection.
Dernière mise à jour : juillet 2026.