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Mis à jour le 17 juillet 20263 min de lecture

Plateforme Agréée (PA), PDP, PPF : qui fait quoi ?

La réforme de la facturation électronique a généré son lot de sigles. La bonne nouvelle : vous n'avez besoin d'en comprendre que trois, et l'un d'eux est déjà obsolète.

La Plateforme Agréée (PA) : votre interlocuteur unique

Une Plateforme Agréée est un opérateur privé immatriculé par l'administration fiscale (la DGFiP). C'est par elle que transiteront toutes vos factures :

  • elle émet vos factures électroniques vers la plateforme de votre client ;
  • elle reçoit les factures de vos fournisseurs ;
  • elle extrait et transmet à l'administration les données dont celle-ci a besoin (montants, TVA…) ;
  • elle gère l'e-reporting de vos ventes aux particuliers, le cas échéant.

Pour être immatriculée, une plateforme doit prouver sa conformité fiscale, la sécurité de ses infrastructures et son interopérabilité avec les autres plateformes. Plus de 150 opérateurs sont référencés à ce jour — nous reproduisons la liste officielle, avec statuts et dates d'immatriculation, dans notre annuaire des plateformes agréées (source : impots.gouv.fr).

Point important : beaucoup de plateformes agréées sont en réalité des logiciels que vous connaissez peut-être déjà — Tiime, Indy, Qonto, Pennylane, Sage… L'agrément est devenu une extension naturelle des outils de facturation et de comptabilité existants. Notre comparatif passe en revue ceux qui sont adaptés aux indépendants et TPE.

PDP : l'ancien nom de la même chose

Vous croiserez encore souvent le sigle PDP (« Plateforme de Dématérialisation Partenaire »). C'est simplement l'ancien nom des Plateformes Agréées, utilisé jusqu'à mi-2025. PDP et PA désignent exactement la même chose. Si un article ou un commercial vous parle de PDP, comprenez « Plateforme Agréée ».

Le PPF : l'annuaire public, pas une plateforme gratuite

Le Portail Public de Facturation (PPF) a changé de rôle en cours de réforme, et c'est la source de beaucoup de confusion. À l'origine, l'État envisageait d'offrir un service public gratuit d'échange de factures. Ce projet a été abandonné : le PPF ne vous permettra pas d'émettre ou de recevoir des factures.

Son rôle actuel est double :

  1. tenir l'annuaire central : le registre qui associe chaque entreprise (via son SIREN) à la plateforme agréée qu'elle a choisie — c'est ce qui permet à vos fournisseurs de savoir où envoyer vos factures (plus de détails ici) ;
  2. concentrer les données transmises par les plateformes vers l'administration fiscale.

Conséquence pratique : vous devez obligatoirement passer par une Plateforme Agréée privée. Il n'existe pas d'option « portail de l'État gratuit ». En revanche, plusieurs plateformes privées proposent des offres gratuites tout à fait sérieuses pour les petits volumes.

Comment ça circule, concrètement

Le schéma choisi par la France est dit « en Y » :

  1. Vous créez votre facture dans votre plateforme (ou votre logiciel connecté à elle).
  2. Votre plateforme la transmet à la plateforme de votre client, au format structuré.
  3. Au passage, les deux plateformes extraient les données fiscales utiles et les envoient à l'administration via le PPF.

Vous ne voyez rien de tout cela : de votre point de vue, vous créez une facture et votre client la reçoit. La tuyauterie est l'affaire des plateformes.

Ce qu'il faut retenir

  • PA = PDP : l'opérateur privé immatriculé par lequel vos factures transitent. Vous devez en choisir un.
  • PPF : l'annuaire et le concentrateur de données de l'État. Vous n'avez rien à y faire directement.
  • Le choix de votre plateforme est la seule vraie décision de la réforme — notre quiz et nos critères de choix sont là pour ça.

Dernière mise à jour : juillet 2026.